Chapitre 6
Hugo s’asseya en travers du drap noir qui recouvrait encore son entrejambe, la tête encore un peu voilée par le souffle. Le silence qui régnait depuis le départ de Sonia et Léa était ponctué seulement par le léger crépitement du diffuseur.
« C’était quoi ce truc de malade ? » demanda‑il, la voix un peu rauque, les yeux cherchant le visage d’Alice.
Alice ouvrit un large sourire, les lèvres se dessinant en un rictus amusé. Elle retira doucement le bord du drap qui recouvrait son pubis, laissant entrevoir la peau luisante d’huile qui perlait encore légèrement. Le drap glissa sur le côté, s’étalant sur le matelas en dessous. Elle se redressa, les épaules dégagées, les doigts encore couverts d’une fine pellicule d’huile qui brillait sous la lumière tamisée.
« Apparemment, ça t’a bien plu, vu comme tu bandais tout le temps, » répondit‑elle, la voix légère, un rire qui se répercuta contre les murs blancs. Elle fit un petit geste de la main, comme pour balayer l’air, et le drap noir retomba sur le matelas, couvrant à nouveau le bas du corps d’Hugo.
Hugo rougit légèrement, mais son sourire ne le quitta pas. Il repoussa le drap d’un revers de main, le faisant glisser jusqu’au sol, révélant la peau de son entrejambe, encore humide d’huile et de sperme. Il observa la tache sombre qui s’était formée au centre de son sexe, le liquide s’épaississant légèrement avant de se dissiper sous la pression de l’air.
« J’ai jamais vu un massage… comme ça, » dit‑il, en se frottant la nuque du bout des doigts, les ongles griffant la peau de son cou. « C’est… différent. »
Alice s’assit à côté de lui, les genoux pliés, les pieds posés sur le matelas. Elle passa une main sur la cuisse droite, enlevant l’excès d’huile avec un geste lent, les doigts glissant sur la peau lisse. Elle jeta un coup d’œil à la serviette que Sonia avait laissé à côté, la saisit, la plia en deux et la pressa contre son pubis, essuyant le reste d’humidité.
« On dirait qu’ils ont vraiment fait le travail, » lança‑elle, en riant, puis se redressa, la serviette toujours collée à son entrejambe. Elle jeta un œil à la serviette que Léa avait utilisée sur Hugo, la saisit à son tour, la frotta doucement le long de ses cuisses, enlevant les résidus d’huile qui collaient encore à la peau.
« Tu veux qu’on se change ? » demanda Hugo, en se levant d’un bond, les pieds nus frappant le parquet avec un petit bruit sourd. Il se tourna vers le petit placard en bois qui se tenait contre le mur opposé, la porte entrouverte, révélant des peignoirs de bain en coton blanc, des chaussons et quelques serviettes pliées.
Alice hocha la tête, se levant à son tour. Elle attrapa un peignoir, le tira sur elle, le glissant sur les épaules, le tissu froissé s’ajustant contre son corps. Le peignoir était ouvert à l’avant, laissant son pubis toujours couvert par la serviette qu’elle tenait. Elle fit glisser la serviette vers le bas, la repliant sur le dos du peignoir, puis la rangea dans la poche intérieure du vêtement.
Hugo fit de même, prenant un autre peignoir, le passant sur ses épaules. Le drap noir qu’il portait était encore enroulé autour de son entrejambe, mais il le retira d’un coup sec, le laissant tomber sur le sol. Le peignoir était ouvert à l’avant, laissant son sexe à découvert, l’huile encore brillante sur la peau. Il se frotta légèrement le bas du ventre avec la paume de la main, les doigts traçant un cercle lent autour du gland, puis il referma le peignoir en le tirant jusqu’à la taille, le tissu épais couvrant la majeure partie de son torse.
« Ça sent encore un peu le… » commença Alice, en pinçant le nez, un sourire en coin.
« …l’huile, » termina Hugo, en riant. « Et le parfum du diffuseur. »
Ils se dirigèrent vers le petit lavabo en acier inoxydable, posé contre le mur, où un robinet gouttait doucement. La pièce était décorée de quelques plantes vertes, leurs feuilles luisant sous la lumière tamisée. Le lavabo était déjà rempli d’eau tiède, un peu de mousse blanche flottant à la surface.
Alice se pencha, plongea ses mains dans l’eau, et laissa l’eau couler sur ses cuisses, puis sur son pubis, la serviette restant en place, absorbant l’excès d’huile. Elle frotta doucement, les doigts s’enfonçant légèrement dans la mousse, éliminant les dernières traces d’huile. Elle se redressa, le peignoir toujours en place, les mains encore mouillées.
Hugo fit de même, plongeant ses mains dans l’eau, laissant l’eau couler le long de son entrejambe, la peau luisante sous le jet. Il frotta la zone, les doigts glissant sur le gland, la peau chaude réagissant au contact. Il se rinça les mains, les essuyant sur le bord du lavabo, puis se tourna vers Alice.
« On a vraiment besoin d’un café, » déclara‑t‑il, en se levant, les pieds nus glissant sur le carrelage froid.
Alice acquiesça, attrapant le peignoir et le repliant soigneusement, le rangeant dans le placard. Elle prit son propre peignoir, le replia à son tour, et les deux se dirigèrent vers la porte qui menait au couloir.
Le couloir était long, les murs décorés de tableaux abstraits aux couleurs vives. Un petit tableau indiquait la salle de repos, avec un coin cuisine équipé d’une petite machine à café, de tasses en céramique et d’un petit frigo. Le bruit du ventilateur du couloir se faisait entendre, créant une atmosphère presque feutrée.
« Tu veux du noir ou du blanc ? » demanda Alice en s’arrêtant devant la machine à café, les mains posées sur le comptoir en bois verni.
« Noir, sans sucre, » répondit Hugo, en appuyant sur le bouton de la machine. Le bruit du moulin à café se fit entendre, les grains se broyaient, le parfum fort et amer se répandait dans l’air.
Alice prit une tasse blanche, la remplit d’eau chaude, puis la déposa sur le comptoir. Elle attrapa une cuillère en argent, la plongea dans le café qui s’écoulait dans la tasse, remuant doucement. Elle porta la tasse à ses lèvres, prit une petite gorgée, puis la posa à nouveau sur le comptoir.
« Alors, c’était quoi exactement ? » demanda Hugo, en s’asseyant sur une petite chaise en métal, les pieds posés sur le sol, les mains posées sur les genoux. Il croisa les jambes, le peignoir couvrant le haut de son corps, mais laissant son entrejambe visible sous le tissu.
Alice s’assit en face de lui, les jambes croisées, le peignoir tombant légèrement sur ses cuisses. Elle prit une autre gorgée de café, le regardant le liquide noir qui tourbillonnait dans la tasse.
« C’est… un massage énergétique, » répondit‑elle, en souriant, « ils parlent de libérer les blocages, de faire circuler l’énergie. Apparemment, ils ont fait le boulot. »
« J’ai senti… une sorte de… vague, » ajouta Hugo, en secouant légèrement la tête, « comme si mon corps avait enfin trouvé un chemin pour… respirer. »
Alice hocha la tête, posant la tasse sur le comptoir. Elle se pencha légèrement, ses doigts effleurant la table, comme pour sentir la chaleur résiduelle du bois.
« Tu sais, » dit‑elle, « je n’ai jamais pensé à ce genre de truc, mais… je crois que ça m’a vraiment détendu. »
Hugo la regarda, le sourire aux lèvres. « Moi aussi. »
Ils restèrent un moment en silence, le bruit du ventilateur se mêlant au cliquetis de la machine à café. Leurs regards se croisèrent de temps en temps, un échange muet de compréhension. L’atmosphère était détendue, les corps encore légèrement tremblants d’après‑effort, mais l’énergie semblait s’être stabilisée.
Leur conversation glissa naturellement vers d’autres sujets. Alice évoqua la soirée du week‑end, les amis qui avaient organisé un barbecue, les nouvelles du travail, les projets de vacances. Hugo parla de son nouveau projet de design, de la présentation qu’il devait préparer, de son envie de reprendre le piano.
Leur rire se mêla aux bruits de la cuisine. Alice se leva, prit la serviette de cuisine qui traînait sur le comptoir, la secoua, puis la posa sur le rebord de la fenêtre. Elle sortit une petite boîte en bois, l’ouvrit et en sortit deux petites bouteilles d’huile de massage à base d’arnica et de lavande.
« Tu veux en garder un peu ? » demanda‑t‑elle, en tendant une bouteille à Hugo.
« Pourquoi pas, » répondit‑il, en prenant la bouteille, la secouant légèrement, le liquide visqueux se balançant à l’intérieur.
Ils se dirigèrent à nouveau vers la salle de repos, leurs pas résonnant sur le carrelage. Le soleil du soir filtrait à travers les stores, projetant des bandes de lumière dorée sur le sol. Le parfum de la lavande se mêlait à celui du café, créant une ambiance à la fois apaisante et légèrement stimulante.
Alice déposa la bouteille d’huile sur le rebord, la referma, puis se tourna vers Hugo.
« Tu veux qu’on se fasse un petit auto‑massage ? » proposa‑t‑elle, un clin d’œil complice.
« Pourquoi pas, » acquiesça Hugo, en se levant, le peignoir toujours en place, le tissu épais couvrant son torse mais laissant son entrejambe découvert sous le drap qui était maintenant plié à côté du lit.
Ils s’assirent sur le bord du lit, les pieds pendants, la lumière douce filtrant à travers la fenêtre. Alice prit l’huile dans sa main, la versa sur ses paumes, la faisant chauffer légèrement. Elle l’appliqua sur les épaules de Hugo, massant doucement les trapèzes, les mouvements fluides, le tissu du peignoir glissant contre sa peau. Hugo ferma les yeux, le souffle régulier, le visage détendu.
Alice glissa ses mains le long des bras, jusqu’aux coudes, puis aux avant‑bras, chaque geste lent, chaque pression mesurée. Elle sentit la chaleur de l’huile se répandre, la peau se détendre davantage. Hugo se laissa aller, les doigts se crispant légèrement sur le bord du lit, puis se relâchant.
« C’est… vraiment agréable, » murmura‑t‑il, la voix basse, le regard toujours fermé.
Alice sourit, continuant le massage, ses doigts glissant le long du bas du dos, remontant vers les hanches. Le peignoir de Hugo se souleva légèrement, dévoilant la partie supérieure de son entrejambe, la peau encore légèrement humide d’huile. Elle évita de toucher directement la zone génitale, se concentrant sur les muscles du bas du dos et les cuisses, respectant la barrière du tissu.
Le massage se poursuivit, les mouvements synchronisés, le silence ponctué seulement par le léger souffle de Hugo et le frottement du tissu contre la peau. Le temps sembla s’étirer, les ombres dans la pièce se mouvant lentement avec le soleil qui descendait.
Après quelques minutes, Alice s’arrêta, essuya l’excès d’huile avec une serviette propre, la posant délicatement sur le lit. Elle se leva, replaça le peignoir de Hugo, le tirant jusqu’à couvrir entièrement son torse, le tissu glissant sur la peau, le drap noir reposant à côté, plié soigneusement.
« Bon, on dirait que c’est fini, » déclara‑t‑elle, en se dirigeant vers la porte.
Hugo se redressa, ajusta le peignoir, puis se leva à son tour. Il prit la bouteille d’huile, la remit sur le rebord, puis la referma. Il jeta un dernier regard à Alice, un sourire complice se dessinant sur ses lèvres.
« Merci pour le massage, même si c’était… inattendu, » dit‑il, en sortant la clé de la porte.
Alice acquiesça, le sourire toujours présent. Elle sortit du petit salon, referma doucement la porte derrière elle, laissant le couloir silencieux, le parfum de la lavande et du café flottant encore dans l’air.
Hugo resta un instant, les yeux fixés sur le vide, puis il se dirigea vers le vestiaire, où il rangea le peignoir dans le placard, le pliant soigneusement. Il prit son sac, le posa sur l’épaule, et sortit de la salle de repos, le pas léger, la tête claire.
Le crépuscule s’installa dehors, les lumières de la ville s’allumaient lentement, dessinant des éclats argentés à travers les fenêtres. Hugo et Alice se retrouvèrent dehors, chacun avec son sac, leurs regards se croisant une dernière fois avant de se séparer.
« À la prochaine, » dit‑elle, en s’éloignant, la silhouette se fondant dans la foule qui passait.
« À la prochaine, » répondit‑il, en la regardant partir, le souffle calme, le cœur léger.
Leurs pas les menèrent chacun de leur côté, les rues bruissant de conversations, le bruit des voitures, le parfum de la soirée qui s’élevait dans l’air.