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Un jeu au grenier

Récit par adminBenoit • ⚡ Coécrit par Auteur Numérique
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Chapitre 2 939 mots • Format : 👥 Présentiel

Chapitre 2

« C'est écrit : *Défi numéro deux : L'Œil de l'Observateur.* »

Alice lut la carte d'une voix claire, bien que légèrement plus rapide que d'habitude. Elle tenait le rectangle de métal argenté par les bords pour ne pas y laisser de traces de doigts poussiéreuses.

« Le joueur argenté doit se placer à moins de dix centimètres du visage du joueur doré », continua-t-elle. « Sans le toucher, il doit identifier et décrire précisément trois particularités physiques cutanées – grains de beauté, cicatrices ou marques de naissance – situées sur la zone allant de la tempe droite à la base de la mâchoire droite du joueur doré. La réponse doit être formulée à voix haute et claire. »

Tom fronça les sourcils. Il ajusta la manche gauche de sa chemise de flanelle rouge à carreaux, qu'il avait déjà roulée jusqu'au coude.

« C'est tout ? C'est juste un test de mémoire ou d'observation visuelle. »

« Dix centimètres, c'est très près, Tom », fit remarquer Alice en posant la carte argentée sur la table en pin, juste à côté du plateau de jeu. « Viens là. »

Tom fit deux pas en avant. Ses baskets de chantier crissèrent lourdement sur le plancher poussiéreux. Il s'arrêta juste devant elle. Alice, chaussée de ses Converses plates, lui arrivait à peine à l'épaule. Elle dut lever le menton. Son sweat-shirt oversize bleu marine, un peu trop grand pour elle, glissa légèrement sur son épaule gauche, dévoilant la fine bretelle noire de son sous-vêtement et la naissance de sa clavicule.

« Plus près », dit-elle. « Dix centimètres, c'est la largeur d'une main. »

Tom se pencha. Il fléchit légèrement les genoux pour amener son visage à la hauteur de celui de sa sœur. Il garda ses mains enfoncées profondément dans les poches de son jean brut. L'odeur du tissu neuf et de la poussière du grenier se mêlait à celle, plus acide, du bois de pin chauffé sous les tuiles.

Alice s'approcha à son tour. Elle réduisit l'écart jusqu'à ce que leurs visages ne soient plus séparés que par un souffle. Elle pouvait sentir la chaleur qui émanait de la peau de Tom. Elle se concentra sur le côté droit de son visage, là où la lumière jaune de l'ampoule suspendue créait des ombres marquées.

« Ne bouge pas », murmura-t-elle.

« Je ne bouge pas. »

« Je commence par la tempe », dit Alice, ses yeux fixés sur la peau claire de Tom. « Juste au-dessus du sourcil droit, à la lisière des cheveux, tu as une petite cicatrice blanche en forme de croissant. Elle fait à peine trois millimètres. C'est celle que tu t'es faite quand on est tombés de la cabane dans le pommier, chez l'oncle Marc. »

« Validé pour celle-là », dit Tom, le mouvement de ses lèvres modifiant légèrement la tension de sa joue.

« Tais-toi, ça déplace les repères », le réprimanda-t-elle sans détacher son regard de sa peau.

Elle descendit ses yeux le long de sa pommette, puis vers l'oreille. À cette distance, elle pouvait distinguer le dessin précis de la barbe de trois jours de Tom, les poils sombres et drus qui commençaient à pousser sur sa mâchoire.

« Deuxième truc... » Alice plissa les yeux, se rapprochant encore d'un centimètre. Le bout de son nez frôla presque la joue de Tom. « Sous le lobe de ton oreille droite, pile à l'endroit où la mâchoire tourne vers le cou, tu as un petit grain de beauté très foncé. Il est parfaitement rond, de la taille d'une tête d'épingle. »

Tom ne répondit pas, respectant la consigne. Ses yeux sombres fixaient un point invisible sur le mur de planches derrière elle.

« Et le troisième... » Alice déplaça son regard vers le bas de son cou, juste au-dessus du col rond de son t-shirt gris. « Là, juste au-dessus de la clavicule droite, tu as une tache de naissance plus claire, de couleur café au lait. Elle a une forme un peu ovale, allongée vers l'épaule. »

Elle se redressa d'un coup, reprenant une distance normale. Elle passa une main dans ses cheveux pour replacer une mèche derrière son oreille, lissant le tissu de son sweat bleu marine.

« C'est bon. J'ai mes trois. »

Un déclic sec retentit à l'intérieur de la boîte en bois de palissandre. Le pion argenté représentant la serrure stylisée glissa de lui-même sur le parcours en spirale, sautant deux cases avant de s'immobiliser sur la même ligne que le pion doré de Tom.

Immédiatement après, un claquement métallique lourd résonna sous leurs pieds.

« Le deuxième verrou », dit Tom.

Il se détourna de la table et marcha vers la trappe d'accès. Il s'accroupit, ses genoux en jean brut frôlant le sol. Il saisit l'anneau de fer à pleines mains et tira vers le haut. Le panneau de bois se souleva de quelques centimètres dans un grincement, mais se bloqua à nouveau avec un bruit métallique sec.

« Toujours coincé », dit Tom en relâchant l'anneau. « Mais il y a du jeu maintenant. La trappe bouge un peu. Il doit y avoir un troisième point d'ancrage. »

« Regarde la table », l'appela Alice.

Tom se releva et revint vers le centre du grenier. Sur la plaque de cuivre de la boîte, les lignes de texte précédentes s'étaient effacées, laissant place à une surface lisse et rougeoyante

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