Chapitre 3
Le texte sur la plaque de cuivre brilla d’un éclat rouge plus intense, les lettres se dessinant avec une netteté presque agressive. Alice s’approcha, ses yeux parcourant les lignes gravées.
« Défi numéro trois : L’Épreuve de la Vérité Nue », lut-elle d’une voix qui manqua légèrement d’assurance sur les derniers mots.
« Qu’est-ce que ça dit ? » demanda Tom, immobile près de la trappe.
« Les verrous ne se libèrent que devant l’absence totale d’artifice. Les deux joueurs doivent retirer l’intégralité de leurs vêtements, sans exception. Aucun tissu, aucun fil ne doit subsister sur la peau. Une fois entièrement nus, ils doivent se positionner sur les empreintes circulaires gravées au sol, face à face, à vingt centimètres l’un de l’autre, et maintenir la position pendant soixante secondes. »
Un silence lourd s’installa dans le grenier. Seul le sifflement du vent sous les tuiles rompait le calme.
Tom lâcha un rire bref, sans joie. Il retourna vers la trappe, saisit l’anneau de fer à deux mains et tira de toutes ses forces. Ses muscles se tendirent sous sa chemise de flanelle rouge, ses articulations blanchirent, mais le panneau de bois ne bougea pas d’un millimètre de plus. Il relâcha l’effort avec un juron sourd.
« C’est bloqué. Complètement bloqué », dit-il en se redressant. Il passa une main sur son visage, frottant sa barbe de trois jours. « C’est une blague ce jeu. C’est pas possible. »
« Tu as vu les verrous, Tom », répondit Alice. Elle s’était croisé les bras sur la poitrine, serrant les bords de son sweat-shirt oversize bleu marine. « Le premier s’est ouvert quand on a commencé. Le deuxième quand j’ai décrit tes marques. La trappe a bougé. On ne sortira pas d’ici sans ouvrir le troisième. »
« On va pas se foutre à poil, Alice. On est frère et sœur, bordel. »
« Et on fait quoi ? On attend que les parents rentrent ? Ils sont partis pour tout le week-end, ils ne seront là que lundi soir. Il commence déjà à faire super froid ici. Tu veux passer deux jours sur ce plancher poussiéreux sans eau et sans chauffage ? »
Tom regarda le sol, puis la boîte en bois de palissandre. Le pion argenté et le pion doré brillaient d’une lueur fixe. Deux empreintes circulaires, d’un diamètre suffisant pour y poser deux pieds, venaient de s’illuminer d’un vert pâle sur le plancher, juste à côté de la table de pin.
« Merde », lâcha Tom. Il prit une grande inspiration, l’air frais du grenier s’engouffrant dans ses poumons. « Bon. On en finit vite. »
Il fit un pas vers la caisse en bois qui lui servait de siège et s’assit. Ses mains descendirent vers ses lourdes chaussures de chantier. Il attrapa les lacets épais, défit le double nœud de la chaussure droite, puis desserra les œillets un par un. Il tira sur le talon pour dégager son pied, révélant une chaussette de laine grise épaisse. Il fit de même pour la chaussure gauche, la laissant tomber lourdement sur le sol. D’un geste sec, il retira ses deux chaussettes et les fourra à l’intérieur de ses bottes. Ses pieds nus, larges et clairs, prirent contact avec le bois brut et froid du plancher. Il eut un léger frisson.
Alice l’observait. Elle prit une lente inspiration, se tourna vers la table et s’assit sur le rebord. Ses doigts fins s’attaquèrent aux lacets blancs de sa Converse gauche. Elle les desserra méthodiquement, glissa son pied hors de la chaussure en toile, puis répéta l’opération pour la droite. Elle portait de petites chaussettes basses blanches. Elle les retira d’un seul geste et les posa proprement à côté de ses baskets. Ses pieds, nettement plus petits et fins que ceux de Tom, se posèrent sur le sol poussiéreux.
« Les hauts », dit Tom, sa voix devenant plus basse, plus neutre, comme pour évacuer toute tension.
Il se leva. Ses doigts agrippèrent le premier bouton en plastique de sa chemise de flanelle rouge à carreaux. Il le détacha, puis descendit rapidement le long de la boutonnière. Un, deux, trois, quatre, fâcheux, six boutons. Il écarta les pans de la chemise, dégagea ses épaules et fit glisser les manches – dont les poignets étaient encore retroussés – le long de ses bras. Il jeta la chemise sur la caisse en bois. Dessous, son t-shirt de coton gris moulait son torse.
Alice attrapa le bas de son sweat-shirt bleu marine des deux mains. Elle le souleva lentement. Le tissu frotta contre son visage, ébouriffant ses cheveux châtains dans un léger crépitement d’électricité statique. Elle le jeta sur la table en pin. Elle se retrouva en soutien-gorge de dentelle noire, ses bras fins et ses épaules dénudées exposés à l’air frais du grenier. Sa peau se couvrit instantanément de chair de poule.
Tom ne la regarda pas directement. Il attrapa le col de son t-shirt gris à l’arrière de sa nuque et le tira vers le haut, dégageant sa tête puis ses bras d’un mouvement fluide. Il le posa sur sa chemise. Son torse était nu, large, marqué par une fine ligne de poils sombres qui descendait de son sternum vers la ceinture de son pantalon.
« Les pantalons », murmura Alice.
Elle posa ses mains sur la taille de son jean slim noir. Elle détacha le bouton métallique. Le bruit du zip qu’elle descendit résonna distinctement dans la pièce. Elle glissa ses mains à l’intérieur de la ceinture et poussa le denim serré le long de ses hanches. Le tissu résista un peu au niveau de ses cuisses. Elle dut d’abord s’asseoir à nouveau sur le bord de la table pour dégager ses jambes et faire glisser le pantalon hors de ses pieds nus. Elle le plia grossièrement et le posa à côté de son sweat. Elle était désormais en culotte de coton noire et soutien-gorge assorti, ses jambes nues et fines contrastant avec le sol sombre.
Tom détacha la boucle en laiton de sa ceinture en cuir marron. Il la retira des pass