Chapitre 2
Léa se redressa en s’appuyant sur ses coudes. Elle s’étira un peu, les mains tendues vers le ciel, puis se leva d’un mouvement souple, le sable glissant le long de ses cuisses.
— Allez, j’arrive, dit-elle.
Elle fit quelques pas sur le sable chaud, ses pieds s’enfonçant légèrement à chaque enjambée. Julien se leva à son tour, sa silhouette se découpant contre le ciel. Ils marchèrent côte à côte vers l’eau, le silence n’étant rompu que par le son des vagues et le crissement du sable sous leurs pieds nus.
En approchant du bord, l’eau turquoise venait lécher leurs chevilles, fraîche et vivifiante. Léa s’arrêta un instant, laissant la petite vaguelette remonter jusqu’à ses mollets. Elle se tourna vers Julien, un sourire en coin.
— Au fait, j’ai une question, lança-t-elle, sur un ton léger.
Julien, qui s’apprêtait à entrer plus profondément dans l’eau, se tourna vers elle, haussant un sourcil.
— Vas-y, dit-il.
— Je suis surprise, dit-elle en posant son regard sur son sexe. Tu te rases entièrement ?
Un léger rire s’échappa de ses lèvres. Julien eut un petit mouvement de recul imperceptible, un instant d’hésitation.
— Euh, oui. Enfin, la plupart du temps, répondit-il, le ton un peu plus hésitant que le sien. Pourquoi ?
— Non, non, c’est pas une critique, au contraire, se dépêcha-t-elle de préciser, levant les mains en signe de paix. C’est juste que je t’imaginais plus en mode… naturel. Buissonnant, tu vois ?
Elle rigola doucement.
— Et ça te va très bien, hein, ajouta-t-elle. Ça te donne du… volume.
Son regard s’attarda un instant sur son entrejambe, avant de remonter vers ses yeux. Julien la regarda, les coins de ses lèvres se soulevant à peine.
— Ah, merci, je crois ? répondit-il, une pointe d’amusement dans la voix. Et toi, t’es naturelle ?
Léa hocha la tête, un sourire espiègle sur les lèvres.
— Totalement. Rasoir banni. Je suis une vraie sauvage.
Elle fit un pas de plus dans l’eau, qui lui arrivait maintenant à mi-mollet. Le contact avec la fraîcheur de l’eau était délicieux après la chaleur du sable.
— On va nager un peu ? proposa-t-elle, les yeux rivés sur l’horizon.
— Ouais, bonne idée.
Ils s’avancèrent ensemble dans la mer, l’eau montant progressivement le long de leurs corps. Les petites vagues caressaient leur peau, apportant une sensation de légèreté et de liberté. L’eau était d’une clarté incroyable, laissant apparaître le sable fin sous leurs pieds.
Quand l’eau atteignit leurs hanches, Léa se laissa tomber en avant, plongeant sa tête sous la surface. Elle ressortit quelques instants plus tard, secouant ses cheveux mouillés, le souffle court.
— Ah, ça fait un bien fou ! s’exclama-t-elle, un grand sourire sur le visage.
Julien, lui aussi, entra dans l’eau jusqu’à la taille. Il passa une main sur son visage, essuyant les gouttes d’eau qui perlaient.
— C’est parfait, en effet.
Ils commencèrent à nager tranquillement, côte à côte, s’éloignant un peu du bord. Le soleil descendait doucement, peignant le ciel de nuances orangées et rosées, et la lumière sur l’eau créait des reflets dorés. Quelques autres baigneurs étaient toujours présents, mais ils étaient suffisamment espacés pour que chacun ait son propre espace.
Léa nageait sur le dos, les yeux fermés, se laissant porter par les petites vagues. L’eau salée chatouillait sa peau, et elle sentait le soleil réchauffer son visage. Elle ouvrit les yeux et tourna la tête, apercevant Julien à quelques mètres d’elle, nageant avec une brasse lente et régulière.
— C’est incroyable ici, lança-t-elle, sa voix portée par le vent. On dirait un paradis caché.
— C’est ça, la récompense après la rando, répondit Julien en s’arrêtant un instant, laissant ses pieds toucher le sable. On a bien fait de descendre.
Ils se retrouvèrent à quelques mètres l’un de l’autre, l’eau leur arrivant à la poitrine. Léa sentait le courant léger la pousser doucement vers lui.
— T’as vu les falaises ? C’est magnifique depuis l’eau, dit-elle en désignant d’un mouvement de tête les parois rocheuses qui les entouraient.
Julien tourna la tête pour observer les immenses rochers orangés qui plongeaient dans la mer. La lumière du soleil couchant les rendait encore plus spectaculaires.
— Ouais, c’est vraiment impressionnant, acquiesça-t-il. On est bien, là.
Un silence confortable s’installa entre eux, rompu seulement par le bruit des vagues et quelques cris lointains d’oiseaux marins. Léa sentait son corps détendu, toutes les tensions de la journée s’évaporant dans l’eau fraîche.
— Je crois que je pourrais rester ici des heures, murmura-t-elle, les yeux à moitié clos, profitant du moment.
— Faut pas qu’on oublie qu’on a la remontée après, répondit Julien, un sourire dans la voix. Et la nuit va tomber.
Léa laissa échapper un soupir de contentement.
— Ne gâche pas le moment, s’il te plaît. On a le temps.
Elle fit quelques mouvements de bras, se rapprochant encore un peu de lui. L’eau ondulait doucement entre leurs corps.
— Et puis, ça nous fera pas de mal de faire un peu d’exercice. Pour la digestion.
Julien leva les yeux au ciel avec un sourire.
— Toujours à penser à la nourriture, toi.
— Je suis une épicurienne, qu’est-ce que tu veux ? dit-elle en riant.
Elle se laissa flotter sur le dos à nouveau, son corps ondulant doucement à la surface de l’eau. Ses seins nus affleuraient l’eau, et son ventre plat se soulevait à chaque respiration.
Julien la regarda un instant, puis se mit à nager quelques brasses, s’éloignant un peu d’elle pour explorer un petit rocher affleurant à la surface de l’eau.
— Regarde, il y a des poissons par ici, lança-t-il. Des tout petits.
Léa se retourna sur le ventre et nagea vers lui, ses mouvements fluides et gracieux. L’eau scintillait autour d’elle.
— Ah oui ? Je ne les avais pas vus.
Elle baissa la tête, essayant d’apercevoir les poissons que Julien lui indiquait du doigt. Leurs têtes étaient proches, leurs corps nus se frôlant presque sous l’eau. L’odeur de sel et de peau mouillée flottait dans l’air.
— Ils sont super rapides, dit Julien. Mais on les voit bien, l’eau est tellement claire.
Léa remonta la tête, son visage mouillé et ses cheveux collés à son front. Son regard croisa celui de Julien.
— C’est vraiment une chance d’avoir trouvé cet endroit, dit-elle, sa voix un peu plus douce.
— Ouais, c’est clair. On est les seuls à profiter de ça. Enfin, presque.
Ils restèrent un instant silencieux, leurs regards se rencontrant, un sourire tranquille sur leurs lèvres. La lumière du soleil couchant enveloppait la crique d’une atmosphère douce et intime.
— Je crois que je vais faire une dernière petite longueur, dit Léa. Juste pour le plaisir.
Elle s’éloigna de lui, nageant vers le large avec des mouvements amples et réguliers. Julien la regarda s’éloigner, son corps fuselé glissant dans l’eau, avant de se retourner pour revenir vers le bord.
Il remonta sur la plage, ses pieds s’enfonçant dans le sable mouillé. L’air était un peu plus frais maintenant que le soleil était plus bas. Il marcha jusqu’à sa serviette, s’assit et commença à s’essuyer sommairement avec sa serviette grise, sa peau encore perlée d’eau salée.
Léa revint quelques minutes plus tard, son corps ruisselant d’eau. Elle s’allongea sur sa serviette violette, sur le dos, et ferma les yeux, profitant des derniers rayons du soleil sur sa peau.
— C’était vraiment… parfait, dit-elle, sa voix empreinte de satisfaction.
— Ouais, c’était bien, répondit Julien, en s’allongeant lui aussi sur sa serviette, à côté d’elle, les yeux rivés sur le ciel qui commençait à se teinter de violet.
Ils restèrent ainsi, allongés côte à côte, le silence de la crique les enveloppant, le bruit apaisant des vagues rythmant la fin de la journée.