Chapitre 2
1440 mots • Format : 👥 Présentiel
Chapitre 2
Alice sentait encore le bourdonnement des basses dans sa cage thoracique, une vibration sourde qui remontait jusqu'à ses oreilles. L'air, sur la promenade, était frais, une caresse bienvenue après l'humidité suffocante de la boîte. Ses talons claquaient sur les dalles, puis le sable, plus fin, s'insinuait déjà sous ses semelles quand elle s'écartait un peu du chemin bétonné. Elle serrait sa petite pochette en bandoulière contre elle, le téléphone à l'intérieur, et regardait autour d'elle, cherchant une silhouette. La nuit était épaisse, mais les lumières de la ville dessinaient une frange dorée à l'horizon, et les réverbères de la plage projetaient des halos incertains sur le sable. Le bruit des vagues était doux, régulier, comme une respiration.
Elle avança un peu, les yeux plissés, et finit par distinguer une forme assise plus loin, près de l'eau, juste avant que les vagues ne viennent lécher le rivage. Un homme, les genoux remontés, regardant le large. C'était Tom. Il avait les cheveux en bataille, un t-shirt sombre et un jean clair, les pieds nus enfouis dans le sable. À côté de lui, une petite glacière souple et un sac à dos étaient posés. Il ne bougeait pas, semblait absorbé par le spectacle de l'eau.
Alice ralentit le pas, hésita un instant. Elle n'était pas sûre s'il l'avait vue. Elle décida de s'approcher sans faire de bruit inutile, le sable étouffant ses pas. Quand elle fut à quelques mètres, elle s'arrêta.
« Salut, » dit-elle, la voix un peu plus forte que le murmure des vagues.
Tom sursauta légèrement, tourna la tête. Son visage s'éclaira d'un sourire rapide, presque imperceptible.
« Tiens, enfin. J'ai cru que t'allais pas venir, » répondit-il, sa voix légèrement rauque. Il se détendit, reposa son menton sur ses genoux.
Alice fit quelques pas de plus, s'arrêtant juste à côté de lui. Elle sentit ses talons s'enfoncer davantage dans le sable mou. C'était inconfortable.
« J'ai eu du mal à me défaire de la foule. Et puis à trouver le chemin. En talons, c'est pas le plus pratique, » dit-elle en désignant ses chaussures du menton.
« C'est la plage, y a pas trente-six chemins, » répliqua Tom avec un petit rire sec. Il ne bougea pas de sa position.
Alice souffla. « Oui, mais avec les talons et le sable... Bref. T'es là depuis quand ? » Elle regarda l'océan, les lumières lointaines des bateaux.
« Une bonne demi-heure, j'imagine. Le temps de poser mes affaires. J'avais besoin d'air. » Il fit un geste vague de la main vers la ville derrière eux.
Alice hocha la tête, les yeux toujours fixés sur l'eau. « Moi aussi. C'était l'étouffoir à l'intérieur. La musique était bonne, mais j'avais l'impression de cuire sur place. » Elle se pencha, défaisant la lanière d'une de ses sandales à talon. Le cuir était un peu collant sur sa peau. Elle la retira, puis l'autre. Le sable frais fut un soulagement immédiat sous ses pieds. Elle posa ses talons l'un à côté de l'autre, à l'écart, près de sa pochette.
« Ouais, c'est souvent ça. T'as fait quoi ? » Tom tourna un peu la tête pour la regarder, mais son regard revint vite vers la mer.
« Dansé un peu, bu un truc. Rien de fou. Juste l'ambiance. Et toi ? Pourquoi ici ? » Elle s'assit à son tour, à quelques centimètres de lui, les jambes tendues devant elle, les orteils s'enfonçant légèrement dans le sable. Elle sentait le grain fin entre ses doigts de pied.
« J'avais un truc à faire pas loin. J'ai fini et j'ai vu la mer, ça m'a donné envie de venir me poser. Il fait bon. » Il désigna la glacière souple du menton. « J'ai pris de quoi boire, si tu veux. »
« Je veux bien. J'ai la gorge sèche. » Alice regarda la petite glacière, puis de nouveau Tom. Il n'avait pas l'air pressé.
Il se pencha, ouvrit la glacière. Le léger cliquetis du zip et le bruit de la glace résonnèrent dans le calme de la nuit. Il en sortit une petite bouteille d'eau fraîche, en ouvrit le bouchon qu'il posa à côté de lui, et la lui tendit.
« Tiens. »
« Merci. » Elle prit la bouteille, la porta à ses lèvres et but une longue gorgée. L'eau fraîche coula dans sa gorge, apaisante. « Ah, ça fait du bien. » Elle referma la bouteille et la posa à côté de ses talons.
« Alors, la musique, c'était quoi ? Toujours la même chose ? » demanda Tom, sans la regarder, les yeux perdus dans le noir de l'horizon.
« Un peu de tout. Du reggaeton au début, après un peu d'électro, des trucs commerciaux, quoi. Rien d'original. Mais c'était bien pour se défouler. » Elle s'allongea un peu plus sur le sable, appuyant ses mains derrière elle. Le tissu de sa robe légère remonta un peu sur ses cuisses, découvrant ses genoux. Elle ne fit pas attention.
« J'aime bien quand c'est un peu plus pointu, perso. Mais bon, pour se défouler, c'est parfait. » Il haussa les épaules. « T'as croisé des gens que tu connaissais ? »
« Non, personne. Juste mes potes avec qui je suis venue. On a perdu Laura à un moment, elle est partie danser avec un gars. On la retrouvera demain. » Alice rit doucement. « Elle fait toujours ça. »
« C'est ça, Barcelone. Les gens se perdent, se retrouvent. C'est l'ambiance. » Il fit une pause. « T'as prévu quoi pour demain ? »
« Rien de spécial. Dormir. Et après, on verra. Peut-être la plage, mais une autre. Celle-ci, c'est la plage de la Barceloneta, elle est un peu trop touristique pour moi en journée. » Elle bougea ses orteils dans le sable, s'amusant de la sensation.
« Ouais. C'est surtout le soir qu'elle est sympa. Quand il y a moins de monde. » Il se tourna vers elle, un mouvement lent. « Tu restes longtemps ? »
« Encore quelques jours. On repart jeudi. » Elle le regarda, les yeux habitués à l'obscurité. Elle pouvait distinguer les traits de son visage, l'ombre de sa barbe naissante.
« Jeudi. Ça va passer vite. » Il se recula un peu, s'appuyant sur ses coudes comme elle, mais tourné vers l'océan. Leurs épaules étaient proches, presque se touchant, mais leurs regards divergeaient.
« Oui, ça passe toujours trop vite. C'est la dernière nuit où on sort. Après, on se calme. » Elle bâilla discrètement, la fatigue commençant à se faire sentir après l'adrénaline de la soirée.
« Il est quelle heure ? J'ai pas regardé mon téléphone. »
Alice attrapa sa pochette, sortit son téléphone. L'écran s'éclaira, affichant 3h47.
« Presque quatre heures, » répondit-elle. Elle remit le téléphone dans sa pochette.
« Ah ouais. C'est l'heure où les choses sérieuses commencent pour certains, et finissent pour d'autres. » Tom sourit, un sourire énigmatique dans la pénombre. Il prit une petite pierre plate et la lança vers l'eau. Elle rebondit deux fois avant de disparaître.
« Pour moi, c'est plutôt la fin. Je suis pas une couche-tard. Surtout quand j'ai dansé comme une dingue. » Elle se frotta les bras, la brise marine étant un peu plus fraîche que prévu.
Tom ouvrit la glacière de nouveau, en sortit une petite couverture fine, repliée. « Tiens, prends ça. Si tu as froid. » Il la lui tendit sans la déplier.
« Oh, merci. C'est gentil. » Elle prit la couverture, le tissu léger mais doux sous ses doigts. Elle la déplia et la posa sur ses jambes, couvrant sa robe. Le contact du tissu fut agréable.
« Pas de problème. J'en ai toujours une sur moi, au cas où. » Il désigna son sac à dos. « On ne sait jamais. »
Le silence s'installa, juste le bruit des vagues et le souffle du vent. Alice regardait les étoiles, puis les lumières de la ville, puis le profil de Tom. Il avait l'air pensif.
« T'as l'air loin, » dit-elle doucement.
« Juste que la mer, la nuit, ça me fait toujours ça. Ça me vide la tête. » Il se tourna vers elle, son regard croisant le sien un instant. « C'est pas tous les jours qu'on a un ciel pareil. »
Alice acquiesça. « C'est vrai. C'est beau. » Elle se sentait bien, là, au calme, après le tumulte de la boîte. Les talons posés à côté, le sable sous ses pieds, la couverture sur ses jambes. Un moment simple, presque suspendu.
Elle avança un peu, les yeux plissés, et finit par distinguer une forme assise plus loin, près de l'eau, juste avant que les vagues ne viennent lécher le rivage. Un homme, les genoux remontés, regardant le large. C'était Tom. Il avait les cheveux en bataille, un t-shirt sombre et un jean clair, les pieds nus enfouis dans le sable. À côté de lui, une petite glacière souple et un sac à dos étaient posés. Il ne bougeait pas, semblait absorbé par le spectacle de l'eau.
Alice ralentit le pas, hésita un instant. Elle n'était pas sûre s'il l'avait vue. Elle décida de s'approcher sans faire de bruit inutile, le sable étouffant ses pas. Quand elle fut à quelques mètres, elle s'arrêta.
« Salut, » dit-elle, la voix un peu plus forte que le murmure des vagues.
Tom sursauta légèrement, tourna la tête. Son visage s'éclaira d'un sourire rapide, presque imperceptible.
« Tiens, enfin. J'ai cru que t'allais pas venir, » répondit-il, sa voix légèrement rauque. Il se détendit, reposa son menton sur ses genoux.
Alice fit quelques pas de plus, s'arrêtant juste à côté de lui. Elle sentit ses talons s'enfoncer davantage dans le sable mou. C'était inconfortable.
« J'ai eu du mal à me défaire de la foule. Et puis à trouver le chemin. En talons, c'est pas le plus pratique, » dit-elle en désignant ses chaussures du menton.
« C'est la plage, y a pas trente-six chemins, » répliqua Tom avec un petit rire sec. Il ne bougea pas de sa position.
Alice souffla. « Oui, mais avec les talons et le sable... Bref. T'es là depuis quand ? » Elle regarda l'océan, les lumières lointaines des bateaux.
« Une bonne demi-heure, j'imagine. Le temps de poser mes affaires. J'avais besoin d'air. » Il fit un geste vague de la main vers la ville derrière eux.
Alice hocha la tête, les yeux toujours fixés sur l'eau. « Moi aussi. C'était l'étouffoir à l'intérieur. La musique était bonne, mais j'avais l'impression de cuire sur place. » Elle se pencha, défaisant la lanière d'une de ses sandales à talon. Le cuir était un peu collant sur sa peau. Elle la retira, puis l'autre. Le sable frais fut un soulagement immédiat sous ses pieds. Elle posa ses talons l'un à côté de l'autre, à l'écart, près de sa pochette.
« Ouais, c'est souvent ça. T'as fait quoi ? » Tom tourna un peu la tête pour la regarder, mais son regard revint vite vers la mer.
« Dansé un peu, bu un truc. Rien de fou. Juste l'ambiance. Et toi ? Pourquoi ici ? » Elle s'assit à son tour, à quelques centimètres de lui, les jambes tendues devant elle, les orteils s'enfonçant légèrement dans le sable. Elle sentait le grain fin entre ses doigts de pied.
« J'avais un truc à faire pas loin. J'ai fini et j'ai vu la mer, ça m'a donné envie de venir me poser. Il fait bon. » Il désigna la glacière souple du menton. « J'ai pris de quoi boire, si tu veux. »
« Je veux bien. J'ai la gorge sèche. » Alice regarda la petite glacière, puis de nouveau Tom. Il n'avait pas l'air pressé.
Il se pencha, ouvrit la glacière. Le léger cliquetis du zip et le bruit de la glace résonnèrent dans le calme de la nuit. Il en sortit une petite bouteille d'eau fraîche, en ouvrit le bouchon qu'il posa à côté de lui, et la lui tendit.
« Tiens. »
« Merci. » Elle prit la bouteille, la porta à ses lèvres et but une longue gorgée. L'eau fraîche coula dans sa gorge, apaisante. « Ah, ça fait du bien. » Elle referma la bouteille et la posa à côté de ses talons.
« Alors, la musique, c'était quoi ? Toujours la même chose ? » demanda Tom, sans la regarder, les yeux perdus dans le noir de l'horizon.
« Un peu de tout. Du reggaeton au début, après un peu d'électro, des trucs commerciaux, quoi. Rien d'original. Mais c'était bien pour se défouler. » Elle s'allongea un peu plus sur le sable, appuyant ses mains derrière elle. Le tissu de sa robe légère remonta un peu sur ses cuisses, découvrant ses genoux. Elle ne fit pas attention.
« J'aime bien quand c'est un peu plus pointu, perso. Mais bon, pour se défouler, c'est parfait. » Il haussa les épaules. « T'as croisé des gens que tu connaissais ? »
« Non, personne. Juste mes potes avec qui je suis venue. On a perdu Laura à un moment, elle est partie danser avec un gars. On la retrouvera demain. » Alice rit doucement. « Elle fait toujours ça. »
« C'est ça, Barcelone. Les gens se perdent, se retrouvent. C'est l'ambiance. » Il fit une pause. « T'as prévu quoi pour demain ? »
« Rien de spécial. Dormir. Et après, on verra. Peut-être la plage, mais une autre. Celle-ci, c'est la plage de la Barceloneta, elle est un peu trop touristique pour moi en journée. » Elle bougea ses orteils dans le sable, s'amusant de la sensation.
« Ouais. C'est surtout le soir qu'elle est sympa. Quand il y a moins de monde. » Il se tourna vers elle, un mouvement lent. « Tu restes longtemps ? »
« Encore quelques jours. On repart jeudi. » Elle le regarda, les yeux habitués à l'obscurité. Elle pouvait distinguer les traits de son visage, l'ombre de sa barbe naissante.
« Jeudi. Ça va passer vite. » Il se recula un peu, s'appuyant sur ses coudes comme elle, mais tourné vers l'océan. Leurs épaules étaient proches, presque se touchant, mais leurs regards divergeaient.
« Oui, ça passe toujours trop vite. C'est la dernière nuit où on sort. Après, on se calme. » Elle bâilla discrètement, la fatigue commençant à se faire sentir après l'adrénaline de la soirée.
« Il est quelle heure ? J'ai pas regardé mon téléphone. »
Alice attrapa sa pochette, sortit son téléphone. L'écran s'éclaira, affichant 3h47.
« Presque quatre heures, » répondit-elle. Elle remit le téléphone dans sa pochette.
« Ah ouais. C'est l'heure où les choses sérieuses commencent pour certains, et finissent pour d'autres. » Tom sourit, un sourire énigmatique dans la pénombre. Il prit une petite pierre plate et la lança vers l'eau. Elle rebondit deux fois avant de disparaître.
« Pour moi, c'est plutôt la fin. Je suis pas une couche-tard. Surtout quand j'ai dansé comme une dingue. » Elle se frotta les bras, la brise marine étant un peu plus fraîche que prévu.
Tom ouvrit la glacière de nouveau, en sortit une petite couverture fine, repliée. « Tiens, prends ça. Si tu as froid. » Il la lui tendit sans la déplier.
« Oh, merci. C'est gentil. » Elle prit la couverture, le tissu léger mais doux sous ses doigts. Elle la déplia et la posa sur ses jambes, couvrant sa robe. Le contact du tissu fut agréable.
« Pas de problème. J'en ai toujours une sur moi, au cas où. » Il désigna son sac à dos. « On ne sait jamais. »
Le silence s'installa, juste le bruit des vagues et le souffle du vent. Alice regardait les étoiles, puis les lumières de la ville, puis le profil de Tom. Il avait l'air pensif.
« T'as l'air loin, » dit-elle doucement.
« Juste que la mer, la nuit, ça me fait toujours ça. Ça me vide la tête. » Il se tourna vers elle, son regard croisant le sien un instant. « C'est pas tous les jours qu'on a un ciel pareil. »
Alice acquiesça. « C'est vrai. C'est beau. » Elle se sentait bien, là, au calme, après le tumulte de la boîte. Les talons posés à côté, le sable sous ses pieds, la couverture sur ses jambes. Un moment simple, presque suspendu.
⚡ Choisissez la suite de l'histoire
Connectez-vous pour choisir la suite et faire évoluer ce récit avec l'auteur numérique.
Se connecter pour faire un choix